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Jamed Debbouze à Paris, le 3 février 2011. AFP/BERTRAND GUAY
Jamed Debbouze à Paris, le 3 février 2011. AFP/BERTRAND GUAY

Maroc: les binationaux doivent jouer le jeu

En temps de crise, les Marocains de l'étranger peuvent faire la différence. Tous ne sont pourtant pas solidaires.

Il y en a qui ont de la chance. Avoir deux pays, c’est enrichir sa vie.

Avoir deux pays, c’est posséder deux cultures, deux langues, deux socles de valeurs, deux regards différents sur le monde... et deux passeports.

Avoir deux pays, c’est pouvoir voyager dans tous les pays. Avoir deux pays, c’est pouvoir comprendre les uns sans juger les autres.

Avoir deux pays, c’est une force sur une planète de plus en plus petite où nous devenons tous interdépendants. Oui, avoir deux pays, c’est vraiment un cadeau. Mais à force de recevoir beaucoup, on en oublie parfois de restituer un peu.

Les Marocains de l’étranger sont-ils reconnaissants?

Bien sûr, les Marocains résidents à l’étranger (MRE) contribuent à notre balance des paiements. Sans le soutien des cinq millions de Marocains qui résident ailleurs, le Royaume serait depuis longtemps sous perfusion.

Et quand les transferts de la diaspora plongent de 12%, comme en cette terrible année de crise, c’est la première source de devises du Maroc qui se tarit et le pays est aux abois. Il faudrait alors que d’autres prennent le relais.

Mais, parmi ceux qui ont la chance d’avoir deux pays, tous n’ont pas le civisme des MRE et préfèrent exporter là-bas les devises qu’ils gagnent ici.

On connaît tous des binationaux qui profitent du beurre et de l’argent du beurre. Ils gagnent (bien) leur vie au Maroc, mais placent leurs économies en Europe et pas dans l’économie du pays qui les nourrit.

Ils louent ici, mais achètent à Marbella ou Miami. Ils sont démocrates à Paris, votent à gauche et savent donner le change au cœur de Boboland, mais, de retour à Casablanca, ils traitent leurs bonnes comme des esclaves et leurs femmes comme des recluses.

Ils ne font rien pour le Maroc mais savent profiter des deux systèmes et se servir de ce qu’ils ont appris dans le Nord pour mieux piller le Sud. Ils savent que si «un jour ça pète ici», ils pourront se réfugier là-bas. Mais que font-ils pour éviter que ça pète ici?

Il faut que les binationaux partagent

On connaît aussi d’autres «binats» qui reviennent ici après avoir beaucoup appris là-bas. A l’image de Sadek el Bahjaoui et Khalid Tamer, l’un monte des chorégraphies équestres, l’autre des spectacles de rue, et ils transmettent aujourd’hui le savoir-faire qu’ils ont acquis en Europe au pays qui leur a donné les bases.

On peut cartonner aux Etats-Unis ou en France comme RedOne ou Jamel Debbouze et s’investir dans le pays d’origine pour partager son carnet d’adresses, monter des festivals et soutenir des associations.

On peut consacrer sa vie à Mars, comme le Marocain de la NASA, Kamal Oudrhiri, et vouloir édifier une cité des sciences à Casablanca. On peut réussir au barreau de New York comme Réda Oulamine et créer une association d’avocats bénévoles pour les SDF, de retour au pays.

Quand on a de la chance, il faut savoir la partager et rendre ce qui nous a été donné. La binationalité a souvent été un acquis trop facile à obtenir, sans contrepartie. Beaucoup de droits, bien peu de devoirs. Ce devrait être un droit qui se mérite.

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