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Togo: des policiers formés au maintien de l'ordre pour éviter les dérapages

"Pas de violence gratuite!": à l'approche de la présidentielle de 2020 au Togo, plus de 1.500 policiers ont reçu cette année une formation au maintien de l'ordre, dans un pays où les manifestations de l'opposition ont souvent tourné en affrontements avec les forces de sécurité. 

La prochaine présidentielle, prévue en avril prochain et à laquelle Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, devrait se présenter pour un quatrième mandat, fait craindre de nouveaux débordements, malgré une récente loi pour restreindre les manisfestations.

Le pouvoir, en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, a mis en place cette formation aux "techniques de dispersion non-violente" des foules pour 1.553 jeunes recrues de la police en deux sessions sur l'année.  

Dans la cour de l'école nationale de police de Davié, à une vingtaine de kilomètres au nord de Lomé, de jeunes (faux) manifestants en colère ont prétendu envahir une mairie pour réclamer la construction d'une route et de salles de classe. Des barricades ont été érigées avec des pneus brûlés. 

Face à eux, 853 policiers, dont 80 femmes, policiers en tenues de protection dignes de "Robocop" les repoussent sans violence jusqu'à la sortie, avant de les disperser au gaz lacrymogène. Un canon à eau complète le dispositif pour chasser les derniers récalcitrants.

"Gardez toujours à l'esprit que les manifestants ne sont pas des ennemis, mais plutôt des compatriotes. Vous devez toujours les traiter humainement", rappelle le ministre de la sécurité, le général Yark Damehame, venu assister à l'exercice de simulation.

"C'est une formation théorique et pratique très dense, axée sur le maintien et le rétablissement de l'ordre en période électorale, sur le droit humanitaire international et la police de proximité", explique à l'AFP Koffi N'Yabi, commissaire de police et principal formateur.

La représentante adjointe de l'Unicef au Togo, Fosca Giulidori, a pour sa part salué une formation "de qualité" qui devrait permettre de mieux protéger les citoyens, y compris des enfants, lors des interventions policières.

- 'Museler la population' - 

Au Togo, gouverné par la même famille depuis plus d'un demi-siècle, les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent régulièrement la répression des manifestations populaires par des forces de l'ordre, la censure des médias ou les arrestations d'opposants.

Le petit pays d'Afrique de l'Ouest a été secoué par une grave crise politique entre 2017 et 2018. Des dizaines de milliers de personnes descendaient alors presque chaque semaine dans les rues de Lomé et de plusieurs villes du pays pour demander la démission du président Faure Gnassingbé et la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Le chef de l'Etat a succédé en 2005 à son père, le général Eyadéma Gnassingbé, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 38 ans. Avec la dernière révision constitutionnelle adoptée en mai, il pourra non seulement se représenter en 2020 et 2025, mais bénéficie d'une immunité à vie "pour les actes posés pendant les mandats présidentiels".

Dans un rapport récent - couvrant la période d'août 2018 au 13 avril 2019, date des dernières manifestations contre le pouvoir - la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme (LTDH) a noté une "recrudescence alarmante" des violations des droits humains.

Cinq personnes ont été tuées, dont trois par balle, pendant des marches de l'opposition au cours de cette période, affirme le rapport.

En août, l'Assemblée nationale togolaise a en outre adopté une nouvelle loi qui restreint sévèrement la liberté de manifestation publique au Togo, officiellement pour des raisons de "sécurité" dans un contexte de "menace terroriste" croissante dans la sous-région.

"C'est une bonne chose de former des agents de sécurité (...) mais le plus important est d'appliquer les notions reçues sur le terrain de manière honnête et sincère", a commenté le président de la LTDH, Célestin Agbogan, interrogé par l'AFP.

"Aujourd'hui on ne peut plus manifester au Togo, il faut demander une autorisation", dénonce Eric Dupuy, porte-parole du principal parti d'opposition, l'Alliance Nationale pour le Changement (ANC). "Nos libertés sont complètement bafouées et pendant ce temps, on forme des policiers. En plus, ce sont surtout les militaires qui encadrent et répriment les manifestations d'habitude, pas la police".

"Soit nos partenaires européens et onusiens ne le comprennent pas, soit ils aident consciemment ce régime à museler davantage la population, ce qui serait grave", ajoute M. Dupuy.

AFP

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