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Blaise Compaoré et Cheick Modibo Diarra, le 25 mai 2012 à Ouagadougou, photo AFP d' Ahmed Ouoba
Blaise Compaoré et Cheick Modibo Diarra, le 25 mai 2012 à Ouagadougou, photo AFP d' Ahmed Ouoba

Blaise Compaoré, un médiateur de plus en plus inquiet

Dur dur pour Blaise Compaoré, président du Burkina Faso mais aussi médiateur dans le dossier malien, de s'y retrouver dans cet imbroglio politique. Les obstacles se multiplient et il lui devient difficile de savoir à qui s'adresser au Mali.

Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a, au lendemain de la commémoration du 52e anniversaire de l’indépendance du Burkina à Koudougou, donné une conférence de presse à son pied-à-terre le 12 décembre 2012.

Ce point de presse a porté essentiellement sur l’organisation de la fête nationale, sur la situation au Mali notamment la démission du Premier ministre Cheick Modibo Diarra.

La difficile position de Compaoré

La démission du Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra risque de porter un coup dur au processus de sortie de crise que conduit le médiateur de la Cédéao, Blaise Compaoré. Une situation qui l’inquiète tout comme la communauté internationale, a-t-il affirmé au cours de la conférence de presse.

Cette inquiétude est fondée sur le fait que le processus qui a conduit au départ du Premier ministre n’a pas suivi les règles du droit, a-t-il indiqué, avant d’ajouter qu’il a, à plusieurs reprises, attiré l’attention de la communauté internationale sur le manque de cohérence, de visibilité dans les choix politiques de l’Etat malien de transition.

Cela pouvait bien sûr, a-t-il renchéri, conduire à des situations aussi graves que ce que l’on a pu vivre ces derniers moments. Mais il dit espérer que bientôt, un gouvernement sera mis en place et va s’atteler avec détermination à assurer un dialogue intérieur beaucoup plus fécond et à mobiliser l’ensemble des composantes sociales du Mali.

Trouver le bon interlocuteur

A la question de savoir si la situation actuelle aura un impact sur le processus de médiation, Blaise Compaoré dira que les contacts qu’il a eus avec le président Dioncouda Traoré, indiquent qu’il est entièrement disposé à travailler avec eux sur le processus de paix; donc, il ne pense pas qu’ils auront une difficulté particulière.

Ce qui était difficile pour eux, a-t-il dit, c’était de ne pas savoir avec qui discuter à Bamako. Mais il espère que cette fois-ci, la Constitution a indiqué l’homme qui doit être à la tête des orientations pour ce dialogue avec les mouvements rebelles.

Pour éviter la situation de désordre que l’on constate au sein des autorités de Bamako, il fallait, selon le président du Burkina Faso, que très tôt, le président Dioncouda prenne en charge la gestion des affaires de l’Etat, conformément à la Constitution. Mais à partir du moment où l’on n’a pas senti à l’époque cet engagement, il était, a-t-il mentionné, certain que cela ouvrait la voie à des débordements et à des dérives.

Le respect strict de la Constitution 

Il faut que l’on puisse ramener les uns et les autres au respect strict de la Constitution. Il y a un président intérimaire qui assure la transition et c’est lui qui doit être le chef au Mali; et c’est ce qui amènera les uns et les autres, a-t-il fait noter, à oublier les autres.

Concernant l’ONU qui tarde à donner une réponse sur l’intervention militaire au Mali, le médiateur a soutenu que l’UA et la Cédéao attendent qu’il y ait une prise de position claire de la communauté internationale.

Selon le président du Faso, il faut un engagement de la communauté internationale aux côtés des Maliens d’abord pour l’assistance humanitaire, et ensuite politique pour la formation des militaires maliens aux fins de leur permettre de libérer militairement leur territoire.

Même si cette formation ne les met pas dans une position d’opérationnalité, que cette communauté internationale et les Africains puissent s’assumer, faire en sorte que le Mali recouvre son intégrité territoriale, a-t-il laissé entendre.

«Nous attendons que l’ONU clarifie la position de la communauté internationale qui, pour nous, doit être du côté du Mali», a-t-il souhaité.

Dabadi Zoumbara (extraits, Le Pays)

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Dabadi Zoumbara

Dabadi Zoumbara. Journaliste Burkinabé.

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